Une nuit qui finissait mal
Le défaut n’est pas venu avec le temps : l’oreiller n’était pas à la bonne hauteur dès la première nuit. Trop haut, ou trop plat : vous le pliez en deux pour rattraper les centimètres qui manquent, et vous recommencez le lendemain.
Vous en rachetez un autre, à peine différent, et il a le même défaut : une seule épaisseur, la même partout, alors que le vide à combler n’est pas le même sur le dos et sur le côté.
Ce n’est presque jamais une question de prix. Un oreiller rectangulaire ne propose qu’une hauteur, quand le vide, lui, change de taille : sur le côté, il fait à peu près la largeur d’une épaule, sur le dos beaucoup moins.
Cet écart, vous le fabriquez vous-même, chaque nuit, en pliant.
La matière décide de la suite. Une mousse trop peu dense perd ses centimètres au bout de quelques centaines de nuits, et la hauteur qui convenait au départ ne veut plus rien dire.
Ce n’est pas ce qui fait acheter un premier oreiller : c’est ce qui fait recommencer.



